Les conseils de votre pharmacien en ligne contre la processionnaire du chêne

Le problème semble revenir de plus en plus tôt et empirer chaque année : la processionnaire du chêne. La chenille processionnaire aime beaucoup la chaleur et, avec les chaleurs printanières et estivales en hausses, elle fait de plus en plus souvent son apparition dans nos contrées ces dernières années. Mais qu’est-ce qu’une processionnaire du chêne ? Pourquoi sont-elles si dangereuses ? Et que devez-vous faire en cas de contact ?

Qu’est-ce qu’une processionnaire du chêne ?

La chenille processionnaire est la larve d'un papillon de nuit, le Thaumetopoea processionea, qui pond des œufs à la fin de l'été aux extrémités des branches des chênes. De la mi-avril jusqu'à la fin de mai éclosent de petites chenilles. Les jeunes chenilles sont oranges et portent de longs poils non urticants. Après la troisième mue, entre la mi-mai et la fin de juin, elles deviennent grises avec une bande sombre sur le dos et les premiers poils urticants apparaissent. En juillet, les chenilles fabriquent leur cocon. La métamorphose en papillon se produit en août. Les papillons ainsi formés vont à leur tour s'accoupler et pondre des œufs.

Les chenilles processionnaires vivent en groupe et forment sur les plus grosses branches de grands nids, sortes de pelotes serrées faites de la peau des mues successives, de poils urticants et d'excréments. Les chenilles se nourrissent la nuit. Pour cela, elles se déplacent en longues files (d'où leur nom) vers leur nourriture, les feuilles de chêne. Elles peuvent ainsi dépouiller complètement un arbre de son feuillage.

Pourquoi les chenilles processionnaires sont-elles si dangereuses ?

Les poils urticants sur le dos des chenilles se terminent en pointe et portent à leur extrémité de petits crochets. Ils se détachent facilement lors d'un contact ou sous l'effet du vent. Les poils sont longs de 0,2 à 0,3 millimètres. Cependant, chaque chenille possède des centaines de milliers de poils.

Par leur structure particulière, ces poils s'accrochent facilement aux tissus humains, comme la peau, les yeux et les voies respiratoires, y provoquant une réaction urticarienne, des gonflements, des yeux rouges et des démangeaisons par la libération d'histamine (une substance aussi libérée dans les réactions allergiques).

Les poils restent présents, même après le départ des chenilles, car les nids restent également présents. Après des années, ces nids peuvent encore poser des problèmes. Les animaux, notamment les chiens, peuvent également souffrir des poils urticants des chenilles.

Que pouvez-vous faire en cas d’irritation par les poils urticants des chenilles processionnaires ?

La plupart des symptômes sont très dérangeants, mais peuvent heureusement être traités de manière symptomatique. Cependant, si vous souffrez de vomissements, de vertige et de fièvre, il est conseillé de se rendre à l’hôpital. Les personnes entrant souvent en contact avec les chenilles processionnaires ont des symptômes de plus en plus importants. Dans les cas graves, un choc anaphylactique peut même mettre la vie en danger. Les premiers soins en cas de contact avec les chenilles processionnaires dépendent du type de contact et de la gravité des symptômes :

  • En cas de symptômes généraux :
    • Les personnes qui, en plus des signes locaux, présentent des symptômes généraux tels que malaise, vertiges, vomissements, doivent être dirigées vers un hôpital.
  • En cas de contact avec la peau :
    • Ôtez tous vos vêtements et les manipuler avec des gants. Lavez les vêtements à la température la plus élevée possible et séchez-les au séchoir.
    • Lavez la peau abondamment à l’eau et au savon.
    • On peut éventuellement se servir de papier collant pour décrocher les poils urticants de la peau, un peu à la manière d’une épilation.
    • Brossez soigneusement les cheveux.
    • Les antihistaminiques peuvent soulager les démangeaisons. Consultez un médecin en cas de forte éruption cutanée.
  • En cas de contact avec les yeux :
    • Les yeux doivent être rincés, de préférence chez un ophtalmologue après application d’une solution anesthésique locale.
    • Après le rinçage, un examen minutieux des yeux exclura la présence de poils urticants résiduels.
    • Les poils profondément ancrés dans les tissus oculaires doivent être ôtés chirurgicalement.
  • En cas de contact avec les voies respiratoires :
    • L’évaluation des symptômes respiratoires se fait par un médecin. Celui-ci donne un traitement adapté aux symptômes. Le traitement peut comporter des antihistaminiques et/ou des corticoïdes et des aérosols ou des nébulisations.
  • En cas d’ingestion :
    • Diluez la quantité de poils ingérés en buvant un grand verre d’eau. On peut tenter d’enlever les poils de la muqueuse de la bouche en raclant prudemment à l’aide d’une spatule ou d'une compresse ou en les « épilant » à l’aide de papier collant.
    • Une endoscopie sous anesthésie générale est souvent nécessaire pour extraire les poils urticants profondément ancrés dans les muqueuses de la bouche, de la gorge ou de l'œsophage.

Comment éviter le contact avec les chenilles processionnaires ?

Si vous habitez dans une zone infestée, vous pouvez vous protéger par le port de vêtements de protection aux manches longues et de pantalons (et éventuellement de gants et de bottes de caoutchouc et de masque et lunettes antipoussières). En plus, les poils urticants sont facilement dispersés par le vent, alors certaines précautions sont recommandées :

  • Ne pas sécher le linge dehors de mai à septembre.
  • Laver soigneusement les légumes du jardin.
  • Arroser la pelouse pendant quelques jours avant de la tondre pour que les poils urticants soient entraînés dans le sol.
  • Ne pas laisser jouer les enfants à proximité d'un arbre atteint. À distance, les munir de vêtements à longues manches, de pantalons, d'un couvre-chef et éventuellement de lunettes.

Et surtout, n'essayez en aucun cas d'éliminer vous-même les chenilles processionnaires. L'utilisation sans discernement d'insecticide ou de nettoyeur à haute pression peut créer davantage de problèmes. L'effet irritant des poils persiste plusieurs années après la disparition des chenilles, alors quand le traitement disperse des poils dans l'environnement, ces poils peuvent causer des problèmes pendant des années.

La lutte contre les chenilles processionnaires est une affaire de professionnels (les pompiers par exemple). La méthode la plus efficace consiste à brûler et aspirer les chenilles et leurs nids, de préférence tôt dans la saison quand les poils urticants ne sont pas encore développés.

Source : Centre Antipoisons belge