Conseils de votre pharmacien en ligne pour votre enfant végétarien

Le végétarisme a le vent en poupe. Rares sont désormais les familles ou les cercles d'amis où tout le monde mange de la viande, les restaurants proposent de plus en plus d'options végétariennes et des initiatives comme la « journée sans viande » connaissent un succès grandissant. Végétarien(ne) dans l'âme, vous aimeriez faire profiter votre enfant des bienfaits de cette alimentation santé ? Ou votre enfant est rentré un soir en déclarant qu'il ne mangerait plus de viande ? Quel que soit le cas, est-il vraiment opportun d'imposer ce régime aux enfants ? Trouveront-ils dans leur alimentation tous les nutriments dont ils ont besoin ? Votre pharmacien en ligne explique.

Végétarisme ou végétalisme chez l'enfant : les risques

Comment pouvez-vous aider votre enfant à se mettre au vert, sans menacer sa croissance ? Un régime végétarien équilibré, varié et concentré en énergie permet aux enfants d’avoir une croissance et un développement harmonieux. Lorsqu’il est déséquilibré, il peut cependant mener à des retards de croissance et de développement, ainsi qu’à des carences nutritionnelles. À quels nutriments doit-on être attentifs ?

  • Les protéines : la quantité et la qualité des protéines représentent un point important à surveiller. Si vos enfants consomment suffisamment de produits laitiers et d’œufs, il n’y a aucune crainte à avoir, mais dans les régimes végétaliens, il faut maintenir un équilibre correct entre les différentes sources de protéines végétales. Les principales sources de protéines végétales sont les céréales et les légumineuses.
  • Les acides gras : les régimes végétaliens sont pauvres en EPA et DHA, deux acides gras oméga-3 très importants que l’on trouve dans les produits de la mer et les œufs. Il faut donc compenser en choisissant des huiles végétales riches en acide gras oméga-3, comme l’huile de colza, de lin et de soja.
  • Le fer : le fer est présent en deux différentes formes dans notre alimentation : le fer héminique et le fer non héminique. Le fer héminique est principalement présent dans la viande et dans le poisson, le fer non héminique surtout dans les plantes. Notre corps est mieux capable d’absorber le fer héminique que le fer non héminique. Cependant, le fer non héminique est mieux absorbé des végétaux riches en vitamine C, comme le brocoli, le chou-fleur, les agrumes et les tomates, parce que la vitamine C améliore la biodisponibilité du fer.
  • Le zinc : le zinc joue un rôle dans l’immunité, la croissance et la santé de la peau. Chez les non-végétariens/-végétaliens, 50 % des apports en zinc proviennent des protéines animales. En plus, la présence de certaines substances dans les plantes peut diminuer la biodisponibilité du zinc. Par conséquent, on recommande des apports 50 % plus élevés chez les végétaliens par rapports aux omnivores. De bonnes sources de zinc sont entre autres les légumineuses, les noix et les produits à base de soja fermenté.
  • Le calcium et la vitamine D : si votre enfant est ce que l’on appelle un lacto-ovo-végétarien (qui exclut uniquement la viande, le poisson et la volaille) et consomme assez de produits laitiers, vous n'avez pas à vous inquiéter d'une carence en calcium. Par contre, chez les enfants végétaliens, il est essentiel d’assurer un apport suffisant en calcium, par exemple des produits de soja, des céréales, des jus ou des végétaux qui en contiennent naturellement, comme le cresson, le persil, le brocoli, l’orange et les céréales complètes. NB : la teneur en calcium de votre lait maternel ne change pas si vous êtes végétalienne.
  • La vitamine B12 : la vitamine B12 ne se trouve que dans les produits animaux, dont les produits laitiers et les œufs. Chez les enfants végétaliens, il faut inclure des préparations de soja et de céréales enrichies ou des suppléments afin d’assurer un apport suffisant en vitamine B12. En outre, les nourrissons allaités par une mère végétalienne sont particulièrement vulnérables à une carence en vitamine B12.
  • Les fibres : contrairement aux nutriments mentionnés ci-dessus, l’apport en fibres est souvent bien supérieur aux recommandations dans les régimes végétariens ou végétaliens. Cela peut gêner l’absorption des certains minéraux et réduire l’appétit.

En résumé : si le régime est bien planifié et tient compte des différents éléments nutritifs importants, ça ne fera pas de mal aux enfants de suivre un régime végétarien, mais cela requiert bel et bien une bonne éducation nutritionnelle et un bon suivi par un diététiste.